Philippe Marchand, 50 ans, originaire de Bar-le-Duc dans la Meuse, est porté disparu dans les gorges du Verdon depuis le samedi 9 août 2025. Il participait à une sortie de canyoning en groupe et aurait rebroussé chemin après une blessure à la cheville, dans le secteur du sentier du Bastidon et du belvédère de Mayreste, à La Palud-sur-Verdon. Malgré un dispositif de recherche lourd (gendarmerie de Castellane, peloton de gendarmerie de haute montagne, équipes cynophiles, appui aérien, sonar), aucune trace probante n’a été retrouvée. L’enquête, ouverte au parquet de Draguignan, se poursuit et les appels à témoins restent d’actualité.
Ce que l’on sait de la disparition dans les gorges du Verdon
Philippe Marchand, un homme de 50 ans originaire de Bar-le-Duc, dans la Meuse, séjournait dans les Alpes-de-Haute-Provence pour ses vacances. Le samedi 9 août 2025, il prend part à une sortie de canyoning organisée en groupe, encadrée par un professionnel. Ce type de sortie se pratique en général sur une demi-journée, avec un point de départ, un parcours aquatique et un point de sortie clairement définis.
Le secteur concerné se situe autour du sentier du Bastidon et du belvédère de Mayreste, sur la commune de La Palud-sur-Verdon. C’est un coin très fréquenté l’été, mais dont les accès secondaires, les ravins et les barres rocheuses rendent l’orientation délicate dès que l’on quitte le sentier balisé. C’est dans ce périmètre que le quinquagénaire a été vu pour la dernière fois par les autres participants.
Selon les éléments communiqués par les autorités et relayés par la presse régionale, l’homme aurait rebroussé chemin après une blessure à la cheville. Il n’a plus été revu à partir de ce moment. La disparition a immédiatement été qualifiée d’inquiétante, ce qui a déclenché l’engagement rapide d’un dispositif de secours adapté au milieu montagnard.
Chronologie des faits, du départ de la sortie au dernier point de contact
La reconstitution ci-dessous s’appuie sur les informations rendues publiques. Certains horaires précis n’ont pas été diffusés par les enquêteurs, ce qui explique le recours à des repères larges.
| Moment | Ce que les éléments connus permettent d’établir |
|---|---|
| Matinée du 9 août 2025 | Départ de la sortie de canyoning en groupe dans le secteur du sentier du Bastidon, à La Palud-sur-Verdon. |
| En cours de parcours | Blessure à la cheville signalée par le participant, qui choisit de ne pas poursuivre la descente. |
| Peu après | Perte de contact visuel avec le reste du groupe. L’homme ne rejoint pas le point de sortie prévu. |
| Fin de journée du 9 août | Alerte donnée par le groupe. La gendarmerie de Castellane est saisie et les premières recherches démarrent. |
| Nuit du 9 au 10 août | Vérifications de proximité, contact avec les proches, début de la qualification de disparition inquiétante. |
| Jours suivants | Reconnaissances pédestres, engagement des unités de montagne, ratissage des sentiers et des accès secondaires. |
| Semaine suivante | Renforts spécialisés : appui aérien, caméras thermiques, équipes cynophiles, moyens nautiques. |
| Fin août et septembre | Reprise de secteurs déjà fouillés, exploitation des données techniques, recherches toujours vaines. |
Deux points méritent l’attention. D’abord, le rebroussement de chemin après une blessure constitue le dernier élément factuel solide du dossier : tout ce qui suit relève de l’hypothèse. Ensuite, la perte de vue par le groupe ne signifie pas que la personne se trouvait loin. Dans un relief aussi tourmenté, quelques dizaines de mètres suffisent à masquer complètement une silhouette.
Pourquoi le secteur du Bastidon et de Mayreste complique autant les recherches
Les gorges du Verdon forment un canyon parmi les plus profonds d’Europe, avec des parois calcaires qui peuvent dépasser plusieurs centaines de mètres de dénivelé. Le Verdon est régulièrement cité parmi les plus beaux sites naturels du continent, même s’il ne figure pas dans Les 7 merveilles du monde, et cette réputation attire chaque été des dizaines de milliers de visiteurs.
Cette beauté a un revers opérationnel. La déclivité vertigineuse du terrain, les éboulis instables, la végétation dense accrochée aux fissures et les ravins encaissés créent des zones où l’on progresse lentement, souvent en cordée. Un drone ou un hélicoptère voit le dessus du couvert végétal, mais pas ce qui se trouve sous les arbres ni au fond d’un entonnoir rocheux.
S’ajoutent des contraintes de conditions : chaleur estivale, orages de montagne qui gonflent brutalement les ruisseaux, visibilité réduite en falaise et couverture téléphonique très irrégulière. Un randonneur blessé, qui quitte le sentier pour chercher un raccourci ou un accès plus doux, peut se retrouver dans un secteur sans repère visuel fiable en quelques minutes.
Les moyens déployés par les secours et la gendarmerie
L’ampleur de la mobilisation témoigne de la difficulté du milieu. Plusieurs unités spécialisées ont été engagées, chacune sur un volet précis du terrain.
| Moyen engagé | Rôle concret sur le terrain |
|---|---|
| Reconnaissances pédestres | Ratissage des sentiers balisés, des variantes et des accès secondaires par binômes. |
| Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) | Progression en terrain vertical, descentes en cordée, exploration des barres rocheuses. |
| Groupe montagne de la gendarmerie | Reconnaissances en falaise et vérification des points de vue dominants. |
| Section aérienne de la gendarmerie | Survols en hélicoptère, dont des passages équipés de caméras thermiques. |
| Drones | Inspection de zones inaccessibles à pied et suivi de ravins encaissés. |
| Équipes cynophiles | Recherche olfactive, avec notamment un chien Saint-Hubert venu d’un autre département. |
| Brigade fluviale et plongeurs | Sondage des vasques, des retenues et du lac de Sainte-Croix. |
| Sonar | Détection d’objets immergés dans les zones profondes. |
| Fichier des personnes disparues | Diffusion nationale de l’avis de recherche et coordination du signalement. |
Deux termes techniques reviennent souvent dans les comptes rendus et méritent d’être clarifiés. Le chien Saint-Hubert est un limier à la sensibilité olfactive exceptionnelle, capable de suivre une piste ancienne sur plusieurs kilomètres, à condition que les conditions météo n’aient pas effacé les odeurs. Le sonar, lui, envoie des ondes dans l’eau et lit leur écho : il repère une forme immergée, mais ne permet pas toujours de dire de quoi il s’agit, d’où les vérifications par plongeurs.
Où en sont les recherches et l’enquête sur cette disparition inquiétante
À ce stade, aucune découverte n’a permis de trancher entre les hypothèses. L’accident, avec une chute dans un ravin ou une zone inaccessible, reste la piste la plus souvent évoquée par les observateurs. La perte de repère, avec un éloignement progressif du sentier, est également plausible compte tenu du relief. Aucun élément ne permet en revanche d’accréditer une piste criminelle, et les enquêteurs n’ont pas communiqué dans ce sens.
Une fausse piste a été vérifiée par les moyens nautiques sur le secteur du lac de Sainte-Croix. Elle a été écartée après contrôle, ce qui illustre le principe de précaution appliqué : chaque signalement est testé, même quand il paraît peu probable.
Le dossier est suivi par le parquet de Draguignan. Une information a été ouverte et les investigations techniques se poursuivent, notamment l’exploitation des données de téléphonie et des images disponibles. Les proches, soutenus par leur entourage et par le club sportif auquel appartenait le disparu, continuent de relayer l’appel à la solidarité afin que toute personne ayant parcouru le secteur ce jour-là se manifeste.
Ce que les précédents du Verdon rappellent sur ce type de disparition
Le massif a déjà connu des épisodes comparables. En août 2012, un randonneur allemand de 35 ans avait disparu dans le même secteur, déclenchant des recherches restées vaines pendant plusieurs jours. En 2024, la disparition d’un père de famille sur le lac de Sainte-Croix, près de six mois avant que le mystère ne soit toujours pas levé, avait également marqué les esprits.
Ces affaires partagent un point commun : la disparition se produit dans un milieu où l’on peut se trouver en difficulté à quelques centaines de mètres d’un lieu fréquenté, sans que personne ne s’en aperçoive. Elles rappellent aussi que la durée des recherches dépend moins de la volonté des secours que des conditions du terrain et de la météo.
Repères de sécurité pour les pratiquants et les visiteurs du Verdon
Quelques principes simples réduisent nettement le risque, que l’on parte en canyoning, en randonnée ou en simple balade sur les belvédères. Ne jamais quitter le groupe sans prévenir, même pour quelques minutes. Signaler immédiatement une blessure à l’encadrant plutôt que de continuer en serrant les dents. Rester sur le sentier balisé, car les raccourcis visibles depuis un point de vue mènent souvent à des barres rocheuses infranchissables. Emporter une couche chaude et de l’eau, la température chutant vite à l’ombre des parois.
Côté matériel, l’équipement de canyon s’use vite. Une combinaison néoprène qui lâche à la couture peut souvent être réparée : Réparer plutôt que racheter évite un achat inutile et permet de garder un équipement dont on connaît déjà le comportement en eau froide.
Pour ceux qui prolongent le séjour après une journée en canyon, le choix de l’hébergement compte autant que la préparation physique. Notre sélection Relais et Châteaux en France donne des repères concrets pour trier les adresses de charme selon le budget et la localisation.
Combien de temps les secours poursuivent-ils les recherches après une disparition en milieu naturel ?
Il n’existe pas de durée fixe. Les recherches actives, avec moyens humains et aériens, durent généralement plusieurs jours à plusieurs semaines, puis se transforment en recherches ponctuelles déclenchées par un nouvel indice ou un témoignage. Le dossier reste ouvert tant qu’aucun élément décisif n’a été trouvé.
Que faire si l’on croise une personne en difficulté dans les gorges du Verdon ?
Ne pas la laisser seule si elle est blessée ou désorientée, noter le lieu le plus précisément possible (nom du sentier, point de vue, borne ou panneau), puis alerter le 112 ou le 18. Un appel avec une localisation approximative reste bien plus utile qu’un signalement tardif.
Le canyoning est-il une activité risquée pour un débutant ?
Encadré par un professionnel et pratiqué avec le bon équipement, le canyoning reste accessible. Le risque augmente surtout avec la fatigue, le froid et l’envie de ne pas ralentir le groupe. Signaler une gêne physique à l’encadrant fait partie des règles de base.
Comment transmettre une information utile à l’enquête ?
Il faut s’adresser directement à la gendarmerie de Castellane ou au parquet en charge du dossier, et non publier des suppositions sur les réseaux sociaux. Une photo prise le jour concerné, un horaire de passage ou une plaque d’immatriculation peuvent avoir une vraie valeur pour les enquêteurs.
Pourquoi parle-t-on de disparition inquiétante dans ce dossier ?
Cette qualification est utilisée quand les circonstances rendent une issue accidentelle plausible et rapide : milieu hostile, blessure signalée, absence de contact prolongée et aucun signe de départ volontaire. Elle justifie un engagement immédiat et massif des moyens de recherche.
