- Bosnie herzegovina désigne la Bosnie-Herzégovine (Bosna i Hercegovina), État des Balkans d’environ 3,2 millions d’habitants, capitale Sarajevo.
- Le pays n’est ni dans l’Union européenne ni dans l’espace Schengen, mais il est candidat officiel à l’adhésion depuis décembre 2022.
- Un Français y entre sans visa, avec une carte d’identité ou un passeport valide, pour 90 jours maximum sur 180 jours.
- La monnaie est le mark convertible (KM ou BAM), arrimé à l’euro : 1 € = 1,95583 KM.
La bosnie herzegovina, que l’on écrit en français Bosnie-Herzégovine, est un pays d’Europe du Sud-Est coincé entre la Croatie, la Serbie et le Monténégro. France Diplomatie la place en vigilance normale sur la quasi-totalité de son territoire, ce qui en fait une destination accessible pour un voyageur français. Son histoire récente, marquée par la guerre de 1992 à 1995, explique un fonctionnement politique très particulier et quelques précautions concrètes sur place. Ce guide rassemble l’essentiel : qui sont les Bosniens, comment l’État est organisé, quelles formalités prévoir, quelles régions visiter et quelles erreurs éviter.
Bosnie-Herzégovine ou Bosnia and Herzegovina : un même pays, plusieurs noms
« Herzegovina » est la graphie anglaise et internationale, proche du nom local Hercegovina. En français, on écrit Herzégovine, avec un accent et un trait d’union entre les deux parties du nom. Bosnia, tout court, est le raccourci utilisé dans la plupart des langues pour parler du pays entier. Historiquement, la Bosnie correspond au nord et au centre, autour de Sarajevo, Tuzla et Banja Luka, tandis que l’Herzégovine forme le sud, plus sec et méditerranéen, autour de Mostar et Trebinje.
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Capitale | Sarajevo |
| Superficie | Environ 51 200 km² (un peu moins d’un dixième de la France) |
| Population | 3,53 millions au recensement de 2013, environ 3,2 millions selon les estimations récentes |
| Langues officielles | Bosnien, croate, serbe (alphabets latin et cyrillique) |
| Monnaie | Mark convertible (KM), parité fixe avec l’euro |
| Fuseau horaire | Le même qu’en France |
| Indicatif téléphonique | +387 |
| Électricité | 230 V, prises de type C et F comme en France |
| Accès à la mer | Une vingtaine de kilomètres de côte adriatique, à Neum |
Comment fonctionne l’État bosnien depuis les accords de Dayton
Les accords de paix négociés à Dayton, aux États-Unis, puis signés à Paris le 14 décembre 1995, ont mis fin à la guerre et fixé une architecture institutionnelle unique en Europe. Le pays se compose de deux entités largement autonomes : la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, à majorité bosniaque et croate, et la Republika Srpska, à majorité serbe. S’y ajoute le district de Brčko, au nord-est, administré à part.
Au sommet, une présidence collégiale réunit trois membres élus, un Bosniaque, un Croate et un Serbe. Un Haut Représentant international, désigné pour veiller à l’application des accords, dispose encore de pouvoirs importants. Ce système garantit l’équilibre entre les trois peuples constitutifs, mais il ralentit souvent les décisions et alimente des tensions politiques régulières, notamment entre Sarajevo et les autorités de la Republika Srpska.
Côté européen, le calendrier est daté et vérifiable sur le site du Conseil de l’Union européenne : demande d’adhésion déposée en février 2016, statut de candidat accordé en décembre 2022, puis décision de principe d’ouvrir les négociations en mars 2024, sous réserve de réformes. L’adhésion effective n’est donc pas pour demain, et cela a des conséquences très pratiques pour le voyageur, comme on le verra plus bas.
Bosnien, Bosniaque, Serbe, Croate : les mots justes
Le vocabulaire déroute souvent. Un Bosnien est un habitant de Bosnie-Herzégovine, quelle que soit son origine. Un Bosniaque appartient au peuple de tradition majoritairement musulmane, le plus nombreux du pays. Les Croates de Bosnie sont en majorité catholiques, les Serbes de Bosnie majoritairement orthodoxes. Les trois langues officielles sont très proches et se comprennent sans difficulté ; dans la Republika Srpska, les panneaux sont souvent en cyrillique. Employer le bon terme, et éviter d’assimiler un interlocuteur à un groupe qu’il ne revendique pas, est une marque de respect appréciée sur place.
Voyager en Bosnie en 2026 : papiers, sécurité, santé et argent
Les règles ci-dessous concernent un ressortissant français en séjour touristique. Elles sont à revérifier sur la fiche Conseils aux voyageurs de France Diplomatie quelques jours avant le départ, car elles peuvent évoluer.
- Papiers : carte nationale d’identité ou passeport en cours de validité, sans visa, pour un séjour de 90 jours maximum sur une période de 180 jours. Les mineurs doivent voyager avec leur propre document.
- Enregistrement : tout étranger doit être déclaré auprès de la police peu après son arrivée. Hôtels et locations officielles s’en chargent ; si vous logez chez un particulier, vérifiez que c’est fait.
- Sécurité : la délinquance visant les touristes reste modérée, avec surtout des vols à la tire dans les lieux fréquentés. Le vrai risque spécifique est celui des mines de la guerre, abordé dans les erreurs fréquentes.
- Santé : la carte européenne d’assurance maladie n’est pas valable, le pays étant hors UE. Une assurance voyage couvrant les frais médicaux et le rapatriement est vivement conseillée. Aucun vaccin n’est exigé à l’entrée ; un point avec votre médecin sur les rappels habituels reste utile.
- Argent : les distributeurs sont nombreux dans les villes, la carte bancaire passe dans les hôtels et beaucoup de restaurants, mais prévoyez des espèces en KM pour les petits commerces, les marchés et les zones rurales. L’euro est parfois accepté, souvent à un taux arrondi défavorable.
- Téléphone : l’itinérance « comme à la maison » de l’UE ne s’applique pas. Une carte SIM ou eSIM locale évite les mauvaises surprises sur la facture.
Visiter la Bosnie : les régions à connaître
Plutôt qu’une liste de lieux, mieux vaut raisonner par grandes zones, car les routes de montagne allongent vite les temps de trajet. Comptez par exemple environ deux heures et demie entre Sarajevo et Mostar, pour quelque 130 kilomètres.
Sarajevo, capitale à la croisée des cultures
Sarajevo concentre en quelques rues l’histoire du pays : le vieux bazar ottoman de Baščaršija, les façades austro-hongroises, la mosquée Gazi Husrev-beg, la cathédrale catholique et l’église orthodoxe à courte distance. Le pont Latin rappelle l’attentat de 1914 qui déclencha la Première Guerre mondiale. Le siège de la ville, d’avril 1992 à février 1996, se comprend mieux en visitant le tunnel de l’Espoir, près de l’aéroport, ou le musée consacré à l’enfance pendant la guerre. Autour de la capitale, les montagnes de Jahorina et Bjelašnica, sites des Jeux olympiques d’hiver de 1984, accueillent skieurs l’hiver et randonneurs l’été.
Mostar et la vallée de la Neretva
Mostar est la carte postale du pays : son pont ottoman du XVIe siècle, détruit en novembre 1993 puis reconstruit à l’identique en 2004, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005. Les plongeurs qui sautent du parapet dans la Neretva font partie du spectacle. À proximité, la tekke de Blagaj, monastère derviche adossé à une falaise au-dessus d’une source, le village fortifié de Počitelj et les cascades de Kravice composent une belle boucle d’une journée. Plus au nord, le lac de Jablanica et les gorges de la Neretva se prêtent au rafting et aux baignades en eau fraîche.
Bosnie centrale et occidentale : Jajce, Travnik, la Una
Moins fréquentée, cette région réserve de vraies surprises. Jajce possède une cascade qui tombe en plein centre-ville, au pied d’une forteresse médiévale. Travnik, ancienne capitale des vizirs ottomans, garde ses maisons traditionnelles et ses mosquées peintes. À l’ouest, le parc national de la Una, autour de Bihać, offre des eaux turquoise, des cascades à Štrbački buk et Martin Brod, et l’une des meilleures rivières du pays pour le rafting.
L’est et le sud : Višegrad, Sutjeska, Trebinje
À Višegrad, le pont Mehmed Paša Sokolović, rendu célèbre par le roman d’Ivo Andrić, est classé par l’UNESCO depuis 2007. Le parc national de Sutjeska protège la forêt primaire de Perućica et le mont Maglić, point culminant du pays à 2 386 mètres. Les nécropoles de stećci, ces pierres tombales médiévales sculptées, ont rejoint la liste du patrimoine mondial en 2016. Tout au sud, Trebinje, ville de platanes et de vignobles, n’est qu’à une demi-heure de route de Dubrovnik.
Bosnie tourisme : budget, saison et itinéraire type
La Bosnie-Herzégovine reste nettement moins chère que la côte croate voisine. À titre indicatif, un café se paie quelques marks, une assiette de ćevapi autour d’une dizaine de KM, et une chambre double correcte en ville se trouve souvent entre 40 et 80 € hors haute saison. Ces ordres de grandeur, relevés en 2026, varient selon la ville et la période ; Mostar et Sarajevo en été sont les plus chères. Pour comparer avec d’autres destinations économiques du continent, notre dossier Voyage pas cher en Europe donne des repères de prix moyens.
Les meilleures périodes vont de mai à juin et de septembre à octobre : températures agréables, rivières bien remplies, moins de foule. Juillet et août peuvent être écrasants dans la vallée de la Neretva, où le thermomètre dépasse fréquemment 35 °C. De décembre à mars, la neige transforme les montagnes autour de Sarajevo en stations de ski à petit prix.
Un séjour de sept à dix jours permet un bel aperçu : deux à trois jours à Sarajevo, une journée de transition par Konjic ou Jablanica, deux jours à Mostar et dans ses environs, puis une extension vers Trebinje ou vers Jajce et la Una selon vos goûts. Beaucoup de voyageurs combinent le pays avec la Croatie : après Dubrovnik, une escale sur Korcula island fait un contrepoint balnéaire idéal à l’intérieur montagneux. Ceux qui rêvent d’un grand circuit dans les Balkans peuvent aussi poursuivre plus au sud, en s’inspirant des options de traversée présentées dans notre article Italie Albanie. Enfin, pour caler les dates, les réservations et la check-list des bagages, la méthode détaillée dans Partir en vacances s’applique très bien à ce type d’itinéraire.
Sur place, le bus relie bien les grandes villes, mais une voiture de location donne accès aux cascades, villages et parcs. La conduite se fait à droite, les feux de croisement sont obligatoires de jour comme de nuit, et si vous venez avec votre propre véhicule, vérifiez que la mention BIH figure sans être barrée sur votre carte verte d’assurance.
Erreurs fréquentes lors d’un voyage en Bosnie
- Sortir des sentiers balisés : des zones restent suspectées d’être minées, de l’ordre de 2 % du territoire selon le centre national de déminage. Elles sont signalées par des panneaux rouges à tête de mort, mais pas toujours. Restez sur les routes, chemins fréquentés et itinéraires de randonnée balisés, et n’entrez jamais dans une maison en ruine.
- Oublier le roaming : quelques heures de navigation GPS avec un forfait français peuvent coûter très cher.
- Compter sur la carte vitale ou la CEAM : sans assurance voyage, une hospitalisation reste à votre charge.
- Sous-estimer les distances : 100 kilomètres de route de montagne prennent souvent deux heures.
- Payer systématiquement en euros : le taux pratiqué par les commerçants est rarement à votre avantage.
- Aborder la guerre à la légère : les souvenirs restent vifs. Écouter plutôt que juger, et éviter les débats politiques improvisés, rend les échanges bien plus riches.
- Se limiter à Mostar en excursion d’une journée depuis la Croatie : c’est faisable, mais on passe à côté de l’essentiel du pays.
Bosnie-Herzégovine : réponses courtes aux questions des voyageurs
Faut-il un passeport pour aller en Bosnie-Herzégovine ?
Non. Pour un Français, la carte nationale d’identité en cours de validité suffit pour un séjour touristique, tout comme le passeport. Aucun visa n’est demandé jusqu’à 90 jours sur 180.
La Bosnie-Herzégovine est-elle dangereuse pour les touristes ?
Le pays est classé en vigilance normale par France Diplomatie sur la quasi-totalité de son territoire. Les précautions principales concernent les vols dans les lieux touristiques et le respect strict des zones balisées en montagne et en campagne, à cause des mines.
Quelle monnaie utiliser en Bosnie ?
Le mark convertible (KM), dont la valeur est fixée à environ 0,51 €. Retirer des KM au distributeur ou payer par carte reste plus avantageux que régler en euros.
Quand partir pour visiter la Bosnie dans de bonnes conditions ?
Mai, juin, septembre et octobre offrent le meilleur équilibre entre météo, affluence et prix. L’hiver convient aux amateurs de ski autour de Sarajevo.
La Bosnie-Herzégovine fait-elle partie de l’Union européenne ?
Non. Elle est candidate depuis décembre 2022 et n’appartient pas non plus à l’espace Schengen. Les contrôles aux frontières, l’absence de roaming européen et la non-validité de la CEAM en découlent.
